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            La symbolique des arcanes :
un pèlerinage de l'âme


Vers 1240, les sculpteurs de la cathédrale de Chartres nous laissaient déjà des oeuvres présageant de ce que sera le tarot et des graphismes dont visiblement les imagiers du tarot se sont inspirés. Cette notion de pèlerinage de l'âme, depuis son incarnation jusqu'à sa libération, a beaucoup inspiré les mystiques et chercheurs de vérité du moyen-âge. La codification des étapes de ce "pèlerinage" est ancienne, cette enluminure le prouve. Le tarot n'étant qu'un succédané modernisé à la fin du XIVème siècle de cette antique tradition.

De nombreux historiens et analystes du tarot se refusent à établir tout lien entre la brutale apparition "ex nihilo" des naïbis en Italie du nord en 1377 et la civilisation du moyen-âge. La raison en est probablement le chaînon manquant. Ces analystes de type universitaire ont besoin de traces écrites irréfutables. C'est à la fois leur grandeur et leur faiblesse. 

Leur grandeur car rien n'est avancé sans preuve, et leur faiblesse car dans le cas d'une tradition orale, il n'y a pas d'écrits. Ils se coupent donc de toute la richesse à être relié à une tradition.

Un artiste comme moi peut se permettre de passer outre les modes opératoires des universitaires et assimilés, et, présenter des options et légendes.

Ce sont le graphisme et les thèmes de l'imagerie qui font mes liens. 

Ces liens me mènent vers les compagnons, imagiers des cathédrales, les tailleurs de pierre, les troubadours et trouvères, les fidèles d'amour. Vers toute cette culture sacrée de ce moyen-âge, qui longtemps passa pour une époque sombre, et qui nous laissa des merveilles de beauté et de technologie inégalables. Avec le tarot, c'est l'âme du peuple du roman qui nous est ouverte. Ce peuple que l'inquisition pourchassa pendant près de quatre siècles pour en tenter l'éradication et dont les "cagots" ont été les derniers représentants.


tarot Conver, l'étoile


Les 22 arcanes majeurs du Tarot décrivent d’une manière codée le chemin de vie d’un individu, de son incarnation à sa libération. C'est une carte de géographie qui décrit l'itinéraire intérieur de l’être au travers des cinq phases de l’existence : enfance, apprentissage, compagnonnage, maîtrise et sagesse.

Chaque arcane représente une étape sur le chemin de vie, un stade de réalisation. En les examinant l'une après l'autre, dans l'ordre et par groupement de quatre, chacun pourra ressentir en lui l'énergie particulière dégagée par ces images. Il pourra "jouer à se souvenir". Il se dira "moi aussi, je suis passé par là…" Au bout du compte, peut-être comprendra-t-il que le Tarot raconte l'histoire de sa propre vie.

Voilà l'enseignement que les Anciens, maîtres imagiers et bâtisseurs du roman, puis des cathédrales médiévales, ont voulu confier à un jeu de cartes avant de disparaître définitivement. C’est donc un jeu d'argent avec sa règle qui s'est installé en une traînée de poudre dans les bistrots de l’Europe entière. Ce fut une bouteille à la mer, une connaissance transmise, en aveugle, aux générations futures, à toutes fins utiles…

Parce que le support était modeste, parce que le jeu permettait de gagner de l'argent, parce qu'il faisait parler les images et non les mots et pour encore d'autres raisons sans doute, le message s'est transmis jusqu'à nous.

Vous trouverez en accompagnement de ce texte le tarot de Jean Dodal, (Lyon c.1701). Ils sont, avec celui de Jean Noblet (Paris c.1650), les plus vieux tarots dits de Marseille que la tradition nous ait conservés.

Les images racontent. Ecoutons-les.


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Le pèlerinage de l'âme

Signification traditionnelle des 22 arcanes majeurs,

Jean-Claude Flornoy

copyright 1999




Arcane I

LE BATELEUR


le bateleur

Jean Dodal
Lyon c. 1701


Un être veut voir le jour : la terre l'aspire, il s'incarne, c'est le Bateleur. Il est dans un état de conscience totale, relié au monde qui l'entoure et qu'il perçoit comme le paradis terrestre.

La forme de son chapeau évoque le symbole d'infini : l'infini d'où il émerge, l'infinité de sa conscience. Il a le regard tourné vers la gauche, c'est à dire vers le passé. Ce regard exprime la nostalgie de l'état d'avant l'incarnation.

Il n'y a que trois pieds à la table qui se trouve devant lui : l'être marche sur trois pattes, il est bancal. Il a une fracture qui restera toute sa vie. Sur cette table couleur chair, on voit des objets qui représentent les potentialités du jeune être. A ce stade, tout est encore possible, nul ne peut dire comment sa vie évoluera. C'est ce qu'évoque la disparité des objets.

Le jeune Bateleur est un magicien qui va faire sortir sa vie de son chapeau. Dans sa main droite, le personnage tient un gland, fruit de l'arbre des Druides. Dès ce premier arcane, les imagiers insistent sur ce point : le tarot est le fruit de la connaissance des Anciens. Dans sa main gauche, la baguette symbolise l'intuition, la capacité magique de percevoir et transformer les choses.

Le Bateleur est à l'orée de la vie. Et voilà avec quoi il va devoir jongler dans le grand jeu de l'existence.



LES QUATRE MODÈLES

Quand l'être s'incarne, il est pris en charge par les quatre catégories dans lesquelles les anciens décomposaient la société : la Papesse est le modèle de ceux qui produisent et qui fabriquent; l'Impératrice personnifie ceux qui vendent et font circuler l'argent ; l'Empereur représente ceux qui défendent et qui gouvernent ; enfin le Pape est le modèle de ceux qui enseignent et qui guérissent.

L'être va suivre l'éducation traditionnelle de ces modèles. Il recevra successivement les enseignements de sa grand'mère la Papesse, de sa mère l'Impératrice, de son père l'Empereur et de son grand-père le Pape.

La grand-mère montre à l'enfant comment prendre contact avec le monde extérieur par la matière, avec les cinq sens. La mère lui fait prendre contact avec le monde social par la circulation de l'argent, la gestion de la maisonnée.

Le père lui transmet la puissance physique, lui montre l'autorité qui en découle, le fait entrer dans le monde des hommes. Enfin, le grand-père a la charge des transmissions intérieures par la mise en mot de ses connaissances et les expériences transformatrices.

La Papesse, l'Impératrice, l'Empereur et le Pape sont assis sur des trônes : c'est ainsi que les perçoit l'enfant, comme des archétypes, des modèles tout-puissants.

A eux quatre, ils sont l'assise de toute société humaine.


Arcane II

LA PAPESSE


la papesse

Jean Dodal
Lyon c. 1701


La Papesse, c'est la grand-mère : le premier modèle adulte rencontré par le nourrisson. Car dans la société traditionnelle du Moyen-Age, ce n'est pas la mère, mais la grand'mère qui prend en charge l'éducation des petits jusqu'à l'âge de cinq ans.

Le taux de mortalité infantile étant alors très élevé, il n'était pas souhaitable que la mère s'attache aux nouveaux nés avant qu'ils aient de sérieuses chances de survie. D'ailleurs les tâches ménagères et pratiques accaparent toutes les femmes valides, la mère au premier chef.

Ainsi donc le tout-petit va découvrir le monde par les yeux de la grand'mère. La Papesse incarne le modèle des artisans et des paysans. Son élément est la terre. Elle enseigne que tout est vivant. Elle invite à percevoir le monde, à le comprendre à travers le corps, la chair.

Le livre ouvert qu'elle tient sur ses genoux est le grand livre des énergies de la nature. Elle porte la triple tiare : le chemin qu'elle trace est un chemin spirituel. Ici, pas de contradiction entre charnel et spirituel : le contact avec la matière, l'apprentissage tactile "toucher et être touché" est un enseignement spirituel.

A cet arcane, le tout jeune être se plonge dans le grand livre de la matière. Il apprend en se colletant avec le réel, il découvre avec ses mains, avec ses jambes, avec sa peau, par essais et erreurs, sous le regard vigilant de la grand'mère.



Arcane III

L'IMPÉRATRICE

  

Jean Dodal
Lyon c. 1701


A l'approche de la cinquième année, l'enfant quitte le giron de la grand'mère pour se blottir dans les jupes de sa mère. Le voici suffisamment autonome pour ne pas être une charge trop pesante dans l'activité de sa mère. Dès lors, il la suit partout, il enregistre ce qu'elle dit, ce qu'elle fait et comment elle s'y prend.

Au sein de la famille traditionnelle, la mère tient les cordons de la bourse. Elle gère l'économie de la maisonnée. Elle porte la responsabilité de l'entretien, de l'approvisionnement et de l'organisation des repas. Mais elle a encore bien d'autres tâches qu'elle doit assumer avec méthode et bonne humeur. Car c'est elle qui donne le ton. Gardienne du foyer, elle est aussi garante de l'esprit de famille. C'est tout cela qu'elle enseigne au jeune enfant.

L'Impératrice représente tous ceux qui font circuler l'argent, sang subtil de notre société : les commerçants, les financiers, les banquiers, etc... Son élément est l'eau (voir l'expression : "de l'argent liquide"). Liquide, l'argent doit couler librement, mais pas n'importe comment.

L'art est de ne pas le retenir et de ne pas le gaspiller. Bien utilisé, l'argent n'est rien d'autre que la matière première de l'acte. Qui n'en a pas ne peut pas faire.

Le jeune enfant reçoit de sa mère l'enseignement du modèle de l'Impératrice : gérer, faire circuler.

 

Arcane IIII

L' EMPEREUR

Jean Dodal
Lyon c. 1701


L'enfant a grandi. Entre onze et quatorze ans, le jouvenceau devait quitter le monde des femmes pour entrer dans celui des hommes. S'il est noble, il devient page. Sinon, il devient apprenti. Le modèle est le même : celui du père. Après l'école maternelle, voici l'école paternelle.

Commence alors l'arcane l'Empereur. Comme l'Impératrice, l'Empereur dispose d'un sceptre et d'un écu portant l'aigle. Tous deux règnent sur le monde social. Mais ils ne tiennent pas le sceptre dans la même main : l'Impératrice règne par la main gauche, d'une manière douce, subtile ; l'Empereur tient son sceptre de la main droite : il règne de manière visible, affirmée, par la force et l'autorité.

Solaire et puissant comme le chêne, l'Empereur est l'arcane masculin par excellence : il exprime la force physique, la mise en ordre, la voie droite du pouvoir. Son élément est le feu. Son modèle, celui des princes et des guerriers.

Guerrier au sens sacré du terme, c'est à dire selon l'idéal chevaleresque : le fort protège le faible. Il n'abuse pas de son pouvoir mais sait le mettre au service de tous. L'Empereur incarne les forces qui protègent. L'armée, la police, la justice appartiennent à ce modèle.

Au sein de la famille traditionnelle, c'est le rôle qui est dévolu au père. Ainsi le jouvenceau reçoit de son père l'enseignement du modèle de l'Empereur : se muscler, développer son corps, s'aguerrir par les exercices physiques.

Et sur le plan intérieur, protéger, mettre sa force au service d'autrui.



Arcane V

LE PAPE

Jean Dodal
Lyon c. 1701


Après l'entraînement du corps et la maîtrise de la force physique, le moment est venu pour le jeune homme de se mettre à l'écoute de son grand-père.

Voici venir l'arcane le Pape, qui incarne d'autres valeurs : sagesse, intériorité , connaissance des choses anciennes, bénédiction. L'air est son élément. Les deux petits personnages, en bas, ressemblent à des pèlerins venus demander conseils et enseignements sur leur monde intérieur. Ils évoquent aussi les petits-enfants qui se pressent autour du grand-père quand celui-ci leur ouvre sa mémoire.

Le Pape personnifie les religieux, les enseignants, les médecins, tous ceux qui soignent l'âme et le corps. De nos jours, on ajouterait les thérapeutes, les yogis, les universitaires, les artistes, etc... Comme les trois modèles précédents, le Pape représente une catégorie et une fonction sociales précises.

Mais il n'a pas le monopole de la capacité spirituelle : quel que soit le modèle, les potentialités de ré alisations spirituelles sont égales. Quand ces quatre étapes ont été franchies, quand l'enseignement de ces quatre modèles a été assimilé, l'enfant est prêt à voler de ses propres ailes.

C'est l'adolescence. Il ne lui manque plus qu'une initiation, la plus puissante de toutes :


Arcane VI

L'AMOUREUX

Jean Dodal
Lyon c. 1701


Tout à coup, dans le ciel paisible, généralement au moment de l'adolescence, surgit un petit futé, un amour d'angelot, un cupidon armé d'un arc. Il lance la flèche qui va ouvrir le cœur. Voici l'arcane l'Amoureux, voici la première passion qui fait se lever le rideau de la vie.

Observons l'amoureux et son amoureuse : ils se ressemblent trop, et pourtant leurs motivations ne sont pas les mêmes. L'amoureuse pointe du doigt le cœur de l'amoureux, tandis que celui-ci désigne le ventre de son amoureuse. Il y a un désir de fusion et un risque de confusion. D'ailleurs la flèche de Cupidon est pointée entre eux deux : elle les sépare. Car ce premier amour ne dure qu'un temps. Bientôt l'Amoureux, le cœur déchiré , va quitter son amoureuse pour continuer son chemin.

Voilà pourquoi l'Amoureux ne regarde pas la jeune femme qui lui ressemble mais une femme mûre beaucoup moins avenante. Qui est-elle ? La tradition la nomme Sophia, la Connaissance. A présent que son cœur est ouvert, l'Amoureux s'engage sur un chemin intérieur de sagesse et de connaissance.

On note que la Connaissance est représentée ici de manière bien ingrate! Rien d'étonnant à cela, car à ce stade, c'est ainsi que l'être la perçoit : tout à la douleur de la fusion manquée, il ne voit rien, il ne comprend rien, sinon que la solitude est incontournable!

Pourtant, déjà, le processus intérieur est enclenché, et la femme de sagesse prend l'être tout entier dans ses mains.



Arcane VII

LE CHARIOT

Jean Dodal
Lyon c. 1701


Une fois que le cœur est ouvert, l'individualité commence à émerger. L'ego se réveille. Voyez comme le petit roitelet fait le paon sur le Chariot. Il ne sait pas qu'il est coupé en deux. Il ne sait même pas qu'il a un inconscient.

Pourtant la frise rouge qui orne le chariot découpe l'image en deux moitiés égales, deux moitiés qui s'ignorent. Le conscient est en haut, c'est notre roitelet aux yeux tristes. En bas, l'inconscient est représenté par deux chevaux bleu clair, dont l'un avec un oeil crevé. L'intuition est bien là, mais timidement : elle est borgne.

Les chevaux sont eux aussi coupés en deux. De plus, ils ne tirent pas dans la même direction : l'énergie et l'inconscient ne parviennent pas à s'accorder. Quant aux roues, elles font frein. Dans ces conditions, l'attelage n'a que peu de chances d'avancer.

A ce stade, l'être conscient n'est pas encore capable de vivre harmonieusement avec ses pulsions inconscientes. Néanmoins la capacité à dire 'je' est présente : l'être peut commencer à agir, même si c'est d'une manière juvénile et maladroite.

C'est le stade où le jeune adulte fait son entrée dans la vie. Il est gauche, fier et triste. Il tire à hue et à dia. A son insu, il s'ampute de la moitié de lui-même. Sans les jambes, comment avancera-t-il ? Son chariot ne peut le mener bien loin.

L'être est encore empêtré dans des liens issus de l'enfance. La tâche qui l'attend consiste à trancher ces liens.

Arcane VIII

LA JUSTICE


Jean Dodal
Lyon c. 1701


Survient alors la Justice, tenant l'épée qui tranche et la balance qui soupèse. Quand le "je" est construit, l'être doit peser tout ce qu'il a pu vivre, et faire justice, c'est à dire trancher dans le vif. Voilà ce qu'exprime l'épée.

En observant la balance, on remarque que la Justice triche : avec son coude gauche, elle enfonce un des deux plateaux, comme la marchande malhonnête qui cherche à voler son client. Si la pesée est truquée, comment rendre une justice équitable ?

Peu lui importe, tant qu'elle peut continuer à trancher ! La Justice ne sait pas ce qu'elle veut, mais elle sait ce qu'elle ne veut plus.

Quand le jeune adulte essaie de voler de ses propres ailes, les relations avec ses parents deviennent conflictuelles. L'acte de se révolter contre l'ordre établi lui donne l'énergie dont il a besoin pour continuer la quête.

Il lui faut couper le cordon ombilical. L'être doit supprimer les charges qui l'entravent pour aller de l'avant. Il ne sait pas encore où il va, mais il y va d'un pas décidé.

Une chanson d'Aznavour, Hier encore, décrit bien l'état d'esprit de l'être à cet arcane

"Ignorant le passé, conjuguant au futur,

Je précédais "moi" toute conversation

Et donnais mon avis, que je voulais le bon,

Pour critiquer le monde avec désinvolture"



Arcane VIIII

L'ERMITE


Jean Dodal
Lyon c. 1701


Trancher, oui, mais où va-t-on ? C'est la question que se pose l'Hermite.

L'être est maintenant conscient de sa recherche. Une recherche tous azimuts. Il papillonne. Il essaie tout ce qui lui tombe sous la main : yoga, philosophie, livres ésotériques, voire sectes! Le mal d'être, issu de la fusion impossible de l'Amoureux, pousse à la réunification. L'être cherche tous les moyens d'y parvenir. A tâtons.

Regardez l'Hermite : il tient une lanterne sourde, qui n'éclaire qu'à quelques pas devant lui. Il ne voit pas plus loin que le bout de son nez. A sa main, manque le petit doigt, celui qu'on appelle l'auriculaire, le doigt de l'oreille. Dans notre tradition populaire, se boucher les oreilles avec les petits doigts permet d'entrer dans son mon de intérieur. L'Hermite ne peut pas le faire; sa quête reste donc superficielle.

Il cherche des solutions à l'extérieur de lui, pas à l'intérieur.

Pourquoi semble-t-il si vieux, si las ? Parce que l'être, à ce stade, est enfermé dans une structure psychique vieillissante, à bout de souffle. Toutes les parties hachurées de l'image montrent à quel point l'énergie circule mal. Cette structure psychique a engrangé d'énormes quantités de savoir superficiel. L'inconscient est plein à déborder. C'est le manteau bleu qui voûte le dos de l'Hermite et qui semble si lourd à porter.

L'apprentissage se termine, l'être arrive à la fin d'un cycle. Voilà pourquoi l'Hermite est tourné vers la gauche de l'image, c'est à dire vers le passé.



Arcane X

LA ROUE DE FORTUNE



Jean Dodal
Lyon c. 1701

Un jour, la vieille structure psychique explose, et c'est la Roue de Fortune. Un très mauvais moment à passer! Il ne faut pas se méprendre : c'est la roue de fortune, non la roue de la fortune. La roue qu'on nous montre ici était, à l' époque du tarot, un instrument de torture. On attachait le condamné sur une roue et le bourreau lui brisait les quatre membres à coups de barre de fer.

Au stade de l'arcane X, cela se traduit souvent par une crise profonde, une dépression nerveuse! La personnalité est broyée. Pourquoi cette torture ? Le comportement, les perceptions doivent maintenant se réajuster pour être efficaces dans le monde social. Il faut à tout prix s'en sortir!

Le principe conscient, l'animal couronné, assis sur une planchette, est dans une position bien instable. Deux animaux tournent avec la roue : l'être connaît une instabilité chronique qu'il ne comprend pas et qu'il subit avec effarement. Ses comportements deviennent imprévisibles.

L'animal qui monte a les oreilles bouchées et pourtant une troisième oreille, la tierce oreille de l'intuition, est visible : l'être est totalement à l'écoute de son explosion intérieure, mais ses perceptions sont infiniment perturbées et douloureuses.

Il ne perçoit rien d'autre que sa propre souffrance. En lui, tout est cassé, afin que du neuf puisse surgir et se réorganiser...

porte vers les textes discrets

Extrait de : Pèlerinage de l'âme, la signification traditionnelle des 22 arcanes majeurs.
Disponible aussi en Anglais :
The Journey of the Soul

Tirage limité sur papier 120 g, 48 pages 21 x 29,7 cm, avec les images noir et blanc du tarot de Jean Dodal, sous couverture 180 g, reliure raphia.......18 euros + 4 port

Copyright 1999, édition 2003

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