|
Merci à toi le Gitan!
Dans
notre tradition occidentale, nous devrions avoir un travail de mémoire
très facilité, si nos mères et nos grands-mères
nous avaient transmis ce que nos ancêtres avaient pratiqué
depuis d’infinies générations. Aucune d'entre elles
n'est personnellement responsable. Toutes ont fait au mieux de leur
possible. Ces carences, nous les devons au système religieux
qui s'est mis en place après la période sacrée
du moyen âge.
Durant mon enfance, tous les soirs ma mère me faisait réciter par cœur les prières du soir. Je suis d’éducation catholique, c’était donc le "notre père " et le "je vous salue Marie ". De temps en temps, une autre prière, pour une raison précise nous était réclamée. C’était rare.
Cette excellente femme malheureusement n’avait reçu aucune transmission particulière sur la nature de la prière si ce n’est l’ordinaire des prêtres catholiques. La répétition, sans fautes, était son seul enseignement.
La prière traditionnelle du soir est simple, sans coloration religieuse. Il s’agit simplement de refaire à l’envers la journée, les événements et les émotions qui les ont accompagnés. Depuis le coucher jusqu’au lever. Dans ce sens. Du plus proche au plus éloigné. Quand toute la journée est sortie de l’oubli, la prière du soir est terminée. Vos rêves seront purgés des trop-pleins émotionnels, libres pour les messages du " monde qui nous entoure ", et les visions.
Au début, c'est un peu difficile, long, laborieux. Et puis, la pratique aidant, quelques secondes suffisent. La souvenance de la journée devient comme un serpentin que vous lancez et qui se déroule sous vos yeux. Un petit coup de pouce au départ, et hop, ça y est, vous êtes remontés au début de la journée, tout est purgé.
Se " relier au monde qui nous entoure " est le chemin de vie, de notre
vie, la raison de notre incarnation actuelle. Pour ne pas encombrer
notre conscience de ses habituelles récriminations de toute nature,
nous devons purger notre inconscient de tout ce qui l’encombre.
Alors, il faut reprendre à l’envers, depuis l’aujourd’hui
jusqu’à notre incarnation, toute notre petite histoire
personnelle. Il faut tout sortir de l’oubli, le bon et le mauvais,
le regarder, remercier ou pardonner quand cela n’avait pas été
fait. De toute manière, nous ne pouvons pas être complets
et accéder aux plans supérieurs de la conscience sans
avoir récupéré notre intégrité, notre
"continuité" .
Cette intégrité est presque complète lorsque nous avons revécu et réintégré dans notre souvenir l’ensemble de notre vécu, y compris l’instant fatidique de la relation de notre mère et de notre père qui a permis notre incarnation. Ce "travail de mémoire " est celui que notre mort nous fera faire, quoi qu'il en soit. Les anciens égyptiens nommaient la "pesée de l’âme " l’instant ou était constaté le poids des émotions non digérées. Le poids de l’âme ne devait pas être supérieure à celui d’une plume. L’âme sera d’autant plus légère que notre intégrité aura été retrouvée. Revivre nos blessures, nos bleus à l'âme, notre naissance, notre conception nous ouvre la porte de la mémoire du monde.
Être irrigué par la mémoire du monde, c'est être dans percevoir, être relié.
Il existe de nombreuses méthodes pour réactiver la mémoire de notre petite histoire personnelle, de nombreuses thérapies modernes ne sont que des enseignements traditionnels réactualisés et remis à la sauce de notre époque. Choisissez celle qui vous convient le mieux, tout en sachant que de tels spécialistes, aux limites du chamanisme, ne courent pas les rues. En plus, ils sont discrets, alors que les charlatans sont nombreux et beaucoup plus faciles à trouver.
Les anciens avaient cette merveilleuse formule : "La connaissance, va la chercher à pied jusqu'en Chine s'il le faut".
Sainte
Suzanne
31 mars 2001
"Si tu ne meures
pas avant de mourir, tu mourras en mourant"
devise des Chevaliers Teutoniques
|