Tarot de Jean Noblet,
texte de l'exposition de la BN 1984 : tarot, jeu et magie
Thierry Depaulis

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Tarot Noblet

Jean Noblet
Paris, milieu du XVII° s.
73 cartes (sur 78), enseignes italiennes
gravure sur bois coloriée au pochoir
papier en plusieurs couches
92 x 55 mm
dos : motifs hexagonaux avec « croix de Malte »
marques :
l. NOBLET.AV FAV/BOVR ST GERMAIN (2 de Coupes)
IEAN NOBLET DMT / A V FA VBOVR ST GERMAIN (2 de Deniers)
I.N. (écusson du Chariot)
nomenclature IPCS : IT-I

La petite taille inhabituelle de ce tarot n'est pas pour rien dans son charme, même s'il lui manque 5 cartes (du 6 au 10 d'Épées). Son fabricant est clairement désigné sur la banderole du 2 de Deniers et sur le cartouche du 2 de Coupes : il s'agit de Jean Noblet, demeurant au Faubourg Saint-Germain, à Paris. Or, un Jean Noblet, maître-cartier, vivant à « Saint-Germain-des-Prés, rue Sainte Marguerite, paroisse Saint-Sulpice », est cité en 1659 dans deux actes notariés (A.N., Y 197, n°s 3161 et 3162).

Déjà D'Allemagne signalait un Jean Noblet dans une liste de cartiers parisiens de 1664 (D'Allemagne, l, 309). Il est curieux que ce grand érudit ait tenu à dater ces cartes du XVIII° siècle, alors qu'on ne retrouve aucune trace d'un Jean Noblet en ce siècle.

Nous n'hésitons donc pas à dater ce jeu du milieu du XVII° siècle, ce qui en fait un contemporain de celui de Jacques Viéville (voir n° précédent). L'intérêt d'une telle datation est que nous sommes en présence d'un jeu en tous points conforme au modèle dit « Tarot de Marseille » : c'en est ici le tout premier exemple connu.

On notera que la Mort est nommée. L'écusson du Chariot (atout VII) porte le initiales I.N., probablement celles de Jean Noblet. Le dos des cartes est rigoureusement le même que celui employé par Viéville. On le retrouve aussi dans le tarot parisien anonyme (cat. n° 33).

Paris, B.N., Estampes, Kh 34 rés., t. l. Bibl. : D'Allemagne, II, 78 et 619; BN 63 n° 360: Dummett. 211


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