La Roche aux Fées



localisation du dolmen de a Roche aux Fées


compteur installé le 18 décembre 2010


le dolmen vu du sud

Voici une histoire qui se rattache au cycle de l'arcane XVIIII Le Soleil

Le dolmen de "La Roche aux fées", n'est pas le plus grand dolmen de France. Certaines constructions angevines en Saumurois, du côté de Gemmes le dépassent largement. Cependant, pour moi, c'est de loin le plus beau, le plus aboutit et probablement celui que de nombreuses générations ont le plus utilisé. Il a été sévèrement modifié au moins une fois.

Une des particularités de cette allée est que le matin du solstice d'hiver, le 21 décembre, le soleil se lève dans l'axe de l'entrée de l'allée couverte et éclaire le fond de la galerie. Cette particularité est celle de tous les bâtiments consacrés aux "cultes à mystères", aux religions de la transmutation chamanique de l'être et nous la retrouverons jusque dans les bâtiments romans. Avec "La Roche aux fées", nous sommes au coeur de la religion primordiale et, avec ce dolmen pratiquement intact, nous avons une porte vers les mondes magiques des "enchanteurs" et de leur antique clan des loups.

Datée officiellement de 2500BC, les surprises et les miracles du carbone 14 nous la donneront probablement un jour pour 6000 BC, ce qui est plus vraisemblablement son âge.

C'était maintenant il y a de nombreuses années, et j'emmenais avec moi un homme de mon âge, que dans cette histoire je nommerai comme autrefois "Le truqueur", dans un voyage magique à destination de Brocéliande. C'était avant le tourisme ésotérique de masse ou seuls les chasseurs et les ramasseurs de champignons s'intéressaient à "la" forêt. Quant à "La Roche aux fées", elle était totalement oubliée des humains et l'auberge locale tenue par Marie-Françoise survivait difficilement grâce à un swing golf. Marie-Françoise était une locale née à 500m du dolmen dans la ferme voisine. A la mort du père, avec son frère, ils s'était partagé les terres qui entouraient le dolmen. A lui l'exploitation agricole et la maison familiale, à elle 10 ha et une jolie maison à 200 mètres du monument. Cette proximité faisait d'elle avec ou contre son plein gré, la gardienne du site. La Roche aux fées avait été son terrain de jeu comme enfant et adulte elle n'y attachait qu'un intérêt modéré. Commercialement parlant, comme seuls quelques "fadas" intéressés par les pierres et quelques rares autres farfelus par le swing-golf venaient se perdre dans ce coin, son auberge lui laissait beaucoup de temps de libre.

Donc, par une belle fin d'après midi de juin, après être passés par l'hôtel du village de Janzé déposer nos sacs, nous avons été rendre nos civilités tant à la gardienne qu'aux pierres. Par rendre nos civilités, j'entends activer le monument et nous mettre en état de réceptivité adéquat. La première chose à faire est de tourner trois fois autour du dolmen dans le sens des aiguilles d'une montre en portant attention et respect aux pierres. A la Roche on commence en face du trilithe d'entrée et à la fin du dernier tour, on part chercher une zone, qui, lorsque l'on frappe le sol du pied, sonne creux. Cette zone est en limite de l'aura du monument, dans son axe, et pour la Roche à près de 50m de l'entrée. Quand le point est déterminé, vous dansez dessus et si vous êtes complétement pataud, vous vous contentez de sauter jusqu'à ce que "un quelque chose" craque et qu'une sorte de douceur vous prenne et vous autorise à entrer en ami dans l'aura du bâtiment. Alors vous vous approchez de l'entrée, vous demandez l'autorisation de pénétrer, et lorsqu'elle vous est donnée, pénétrez, vous êtes accueilli.

Après le monument, il était temps de rendre hommage aux terrines de Marie-Françoise et à son canard à la broche. C'est en prenant le digestif au bar que j'ai réussi à la persuader de venir nous accompagner jusqu'à l'allée couverte, car une fois activée, à la tombée de la nuit, on peut voir son halo magnétique. Ce soir là il était d'un rose magnifique. Je pense que Le truqueur l'a vu et elle aussi, mais j'en suis moins sûr. Toujours est-il qu'après, nous étions autour du vieux châtaigner et que curieux, je demandais à Marie-Françoise l'âge de l'arbre. Mon estimation était de 2/300 ans et j'espérais qu'elle eut des informations de première main des gens de l'Office National de Forêts. Si c'était le cas, j'aurais été comblé!

Quelle n'a pas été ma surprise lorsqu'elle m'a répondu : 4500 ans, tout en rajoutant immédiatement : mais ce n'est pas possible dit-elle en me regardant avec des yeux d'écolière qui craint un zéro pour mauvaise réponse! Elle avait probablement vu l'aura de la pierre et en notre compagnie elle était en conscience accrue. Ce cri, ce jaillissement des profondeur de sa perception devait avoir un sens, mais à cet instant, pour moi, il était toute incertitude et étonnement. J'avoue qu'elle m'avait scotché et c'est avec cette information mystérieuse qu'avec Le truqueur nous sommes retournés à Janzé retrouver notre chambre d'hôtel.

C'est avec encore en tête cette assertion que le lendemain matin en allant saluer nos amis avant le départ pour Brocéliande, je me mis le dos contre l'arbre. Réceptif, l'esprit vide et triste de le voir mourir, tout à coup mon attention s'est portée sur la petite repousse de côté et patatrac, un flash illumine mon esprit. L'arbre venait de me faire comprendre que lui n'était que le "poumon" de surface et que l'essentiel se trouvait sous terre : le réseau racinaire. C'était lui le porteur de personnalité et c'était lui qui avait 4500 ans. Marie-Françoise, la gardienne, ne s'était pas trompée. Les jeunes gits qui abondaient étaient la relève, lui dessous ne mourait pas si ... ! Si les hommes pouvaient comprendre.

Regardez cet arbre devenu un moignon, sur le côté gauche une frêle pousse tente sa chance. Les hommes lui laisseront-ils une chance de permettre au réseau racinaire, vieux de plus de 4500 ans de respirer encore ???

le châtaigner-gardien mourant, vu du nord-est

le châtaigner dans sa jeunesse en 1834
Le châtaignier en 1834

J'ai fait mettre Le truqueur le dos contre le magnifique chêne triple et lui ai fait faire l'exercice de l'âge et des origines de l'arbre.

le chêne triple

Il a posé sa question et très vite il a entendu la réponse de l'arbre. C'était un soldat allemand, qui pendant la guerre de 1870 était venu voir le dolmen et avait compris la situation. Le châtaigner avait besoin d'un compagnon et le soldat l'avait planté en connaissance de cause. Quant à moi, l'arbre m'avait répondu la même chose avec une petite variante, ce n'était pas un soldat qui était venu, mais un wanderer, un compagnon tailleur de pierre, un voyageur. Il avait ce gland en train de germer dans son paquetage, il l'a planté et comme la tête était esquintée par le transport, le chêne à poussé triple.

Quand nous voyons aujourd'hui l'état de ce pauvre châtaigner et la forme magnifique du chêne, la seule chose à dire c'est merci à lui : "la Roche aux fées" aura toujours son arbre gardien!

Puis nous sommes partis vers Brocéliande pour de nouvelles aventures...

Beaucoup de particularités de La Roche sont uniques. Par exemple sa pierre/clocheton était, avant que le gel à la fin des années 40 ne détache un morceau de 3 tonnes et la fige dans l'immobilisme en la déséquilibrant, une pierre branlante destinée à cogner sa voisine et émettre un son ultra grave pour enclencher une transe.

Une autre particularité est le poids des pierres. 45 tonnes pour le clocheton. Seule l'antigravitation ou de puissantes grues permet de manipuler des poids pareils, et dans les visions que nous avons eu avec Le truqueur, ce sont les hommes du clan des loups, ces chamanes blonds aux yeux bleus qui en sont les auteurs. Cette allée a beaucoup souffert, elle a été désactivée et abandonnée par les héritiers de la population qui l'avait construite, puis réactivée par d'autres moins puissants, moins magiciens, et modifiée tardivement par des presque (il faut nuancer) ignorants. Aujourd'hui, elle est lieu de tourisme, les beaufs saucissonnent à côté en picolant et les enfants se chamaillent en grimpant dessus. Mais c'est là le destin de tout antique bâtiment magique : sombrer dans l'oubli de ce qu'il fût et se faire recouvrir par la poussière soulevée par la danse de Shïva!


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