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Biographie de Agustín Guzmán |
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***** Agustín Guzmán est né, il y a 54 ans, dans une petite ville des Andes péruviennes proche de la frontière avec l’Équateur. Il est le sixième fils d'une famille composée de sept frères et soeurs et ses parents, Jova et Agustín, paysans illettrés sont originaires de la Nation Quechua. Il a vécu toute son enfance dans les arides montagnes andines où il a appris a déchiffrer les secrets de la Nature ; la vie andine demande à ses fils d’avoir une volonté et une foi inébranlables, et c’est pour cela que depuis très jeune, il a compris que le dialogue permanent avec elle permet de maintenir l'équilibre sensible nécessaire à la subsistance. D’une colline sortait le Soleil et derrière une autre il se dissimulait...C’est là qu’il voulait aller... Cela lui prendrait cinq jours de randonnée pour arriver jusqu'à la colline qui fait disparaître le Soleil. Quand il sera arrivé il le prendra dans ses mains. Voilà quelle était son aspiration et son père le regardait déconcerté. Traditionnellement, dans les Communautés quechuas, les hommes ont l’habitude d’avoir les cheveux longs et tressé mais, arrivé à l'école publique, les parents d’Agustin ont été obligés de trahir cette coutumes ; cet épisode lui laisse une trace ineffaçable et, bien qu'il ait été obéissant aux normes imposées, cet événement a été à l’origine de sa future rébellion. Il s’est alors promis à lui-même que le jour où il pourrait décider sur ses actes, il se laisserai pousser les cheveux pour pouvoir à nouveau les tresser. La tradition dit que, quand on coupe à un homme les cheveux sa force diminue. Nous ne parlons bien évidemment pas de force au sens vulgaire du terme, mais de la résistance à dominer ce qui est à l'intérieur et à l’extérieur de soi. Appartenir à une des dernières générations qui portaient fièrement la tresse en synonyme d'identité a été, d’une certaine manière, le point de repère qui a marqué son chemin. Dans les Andes, quand
les parents travaillent la terre, les enfants sont habitués à
jouer près d'eux, plus tard ils s'intègrent dans ces tâches.
Il a donc pu observer l’idyllique ritualité qu’avait
son père avec ses cultures. Il se levait très tôt
pour leur parler et, les nuits de Pleine Lune, il leur « jetait
des prières » à sa façon en demandant aux cultures
de s’élever et de lui donner des fruits. Quant à Agustin,
pour lui est venu le temps de l'école qui, plus que des enseignements,
lui a donner des déceptions. La première chose que lui ont
enseigné les professeurs fut que les animaux et les plantes n'avaient
pas d’intelligence ni de sentiments. Comment accepter ces concepts
alors qu’il avait partagé la dévotion avec laquelle
son père dialoguait avec les plantes ? Mais son père était
illettré. Comment allait-on croire aux mots de quelqu'un qui ne
savait pas écrire ? Le sentiment de rébellion se faisait
à nouveau sentir. La rébellion continuait. A la fin de ses études secondaires, il décida de ne pas être agriculteur. Il voulait connaître le monde, aller jusqu'au dernier trou dans lequel se dissimulait le Soleil. Comme tout paysan, il arriva à Lima en croyant qu'il pourrait y vivre comme il le faisait dans ses collines. Il voulait étudier philosophie ou psychologie pour savoir ce qui passait à l’intérieur des gens, entrer dans leur tête, comprendre pourquoi ils pleurent ou ils rient. Le fantasme n’a pas duré longtemps. Son frère, déjà étudiant dans la ville, survivait difficilement avec l’argent que lui envoyaient leurs parents. Il était donc impossible d’étudier. Il travailla alors comme facteur pour pouvoir marcher comme quand il était enfant. Il marchait affamé, dans une ville où personne ne s’intéresse aux rêves et à la faim d'un cholo* . Il s’asseyait sur les bancs des places pour regarder plus loin que ce qu'il voyait et, c’est d’un de ces bancs qu’il a vu s’élever les fondations du bâtiment qui deviendrait un luxueux hôtel international, lieu où un an plus tard il trouverait à la fois son salut et sa punition. Quand il a été
embauché comme employé de l'hôtel, il avait le salaire
le plus faible ; mais en peu de temps, il a commencé à grimper
les échelons. Il travaillait sans repos et oubliait les anciennes
pénuries : l'argent était le placebo qui calmait sa rébellion
et il pensait que c’était ainsi qu'il souhaitait réellement
vivre. Pendant qu’il était
en Allemagne, en France, Belgique et en Hollande, les gens lui posaient
des questions sur les contrastes du Pérou, et Agustin ne pouvait
rien leur dire parce qu’en réalité il ne connaissait
pas sa terre. Il était directement allé de sa communauté
de paysans à la grande ville et dans chacune d’elle le travail
avait été son unique distraction. Il voyagea jusqu'aux endroits les moins recommandables du Pérou. Il voulait tout connaître. C’était cela le monde qui l'appelait. Lors d’un voyage à Piura, ville connue pour ses guérisseurs et les miraculeuses eaux des lagunes, désireux d'abandonner le vice, il s'est approché de l’un d'eux. L'homme travaillait avec la Wachuma et avec des prières chrétiennes. Une fois par an, il lui rendait visite pour se guérir de son problème avec l'alcool, mais après plusieurs voyages, le maître lui dit : "je ne te recevrai plus, vas te guérir toi-même, tu sais comment le faire et tu dois le faire ". Il se senti abandonné. De retour à Lima,
il se souvint alors d’un incident qui s’était produit
quand il avait 12 ans et qu’il pouvait voir maintenant comme un
rite initiatique, le moment de la souffrance chamanique. Le retour à sa culture lui permettait de comprendre. Il avait voulu être un professionnel et croyait que pour obtenir cela, on devait laisser derrière nous nos racines, vivre dans la ville, éloigné de leur Mémoire y anesthésie par l'alcool. A ce moment, sa soeur l’avait motivé à commencer l'université. Il commençait à voir plus clairement que son travail serait ce qui lui permettrait d'étudier. Cette conviction dura peu car vivant dans la grande ville, il était difficile d’abandonner la boisson. Le jour où, voulant boutonner sa chemise, il s'est rendu compte qu’il n’arrivait pas à coordonner ses mains, il a commencé à préparer sa propre Médecine. Les premières prises ont été de la désintoxication et dans les suivantes sont arrivés les visions et les rêves : l'auto-guerisson avait commencé. Il avait déjà renoncé au travail, dominait la langue anglaise et avait terminé ses études de tourisme ; il était temps de faire le grand saut. Le nouveau travail lui permit de connaître des gens de beaucoup de lieux et en leur rendant visite il apprenait à connaître ces lieux spéciaux du Pérou, desquels il n'avait rien su conter dans le passé. Les touristes qui le cherchaient, paraissaient plus des pèlerins que des voyageurs. Chaque voyage devenait un apprentissage et un « miracle ». En accompagnant les étrangers, il s'est très tôt rendu compte qu’il savait beaucoup plus de l’autre réalité, que ce qu'il pensait. Cependant, quelque chose ne fonctionnait pas comme il l’attendait. Avec une cruauté énorme, le terrorisme avait assailli son pays, effrayant les voyageurs et les rentrées d’argent. Les dettes commençaient à s'accumuler sur son bureau. A chaque fois pourtant, des miracles ou des "choses étranges" arrivaient pour résoudre la situation. Il travaillait dur avec la Wachuma et peu à peu l'alcoolisme a fait parti du passé. Il a alors commencé "à comprendre" ses rêves. Les personnes ont commencé
à le chercher, plus que pour les guider dans leurs parcours géographiques
mais dans leurs "voyages de retour" vers eux-mêmes. Emportant
sa Médecine, il a voyagé en Argentine et plus tard au Brésil
; à San Pablo, un journaliste de la revue Planète, consacrée
à des sujets spirituels, lui a fait sa première interview.
Lors d’un voyage au Brésil, il fait un jour une Cérémonie sur la plage et, intuitivement, il demande aux participants d’entrer dans les eaux chaudes de l’Atlantique. C’est alors qu’il comprend que quelque chose de nouveau vient de lui être révélé : la Wachuma se travaille avec l’Eau. Dans l'eau la Médecine est potentialisée. Eau et Feu. Les eaux thermales des Andes deviennent alors un utérus accueillant ; l'énergie féminine de la Plante coulerait en travaillant les émotions et en étendant la conscience, le feu prendrait au corps pour lui restituer la Mémoire. Le travail avec deux énergies féminines comme l'Eau et la Wachuma seraient comme deux mères travaillant au sauvetage de ce qui a été oublié. Ce n'est pas le corps qui se rend malade, c’est l'Âme qui s’épuise et donne alors des signaux d'alarme au corps physique ; il avait tant cherché en s’opposant à sa nature mais au final il savait d’où se projetait la maladie. Aujourd'hui il dit qu’il
y a trois façons de se devenir Guérisseur : par héritage,
touché par un certain phénomène naturel et grâce
à l'autoguérison, celle du Guérisseur- Blessé.
Aujourd’hui il peut donner aux autres toute l'aide qu'il n'avait
pas pu trouver. Pour laisser s’envoler
ses rêves, à la fin de l'année 2001, il a demandé
à d'autres personnes de fonder avec lui, l’ONG Communauté
Tawantinsuyu, qui se dédie à revaloriser la Médecine
Traditionnelle et le Patrimoine Tangible et Intangible de nos Cultures.
Depuis ses débuts, l’organisation a pris part et a organisé
différents événements culturels en rapport avec les
Cultures Andines et Amazoniennes. Mesa : Cérémonie andine durant laquelle on fait une offrande à la Pachamama en remerciant pour les aliments qu’elle nous offre Pacha : vu la richesse expressive de la langue quechua, ce terme a plusieurs significations : temps, terre, univers, monde Kintu : groupe de trois Feuille de Coca choisies pour être utiliser dans les Cérémonies. Cholo : nom dédaigneux avec lequel, encore
actuellement, on nomme les quechuas et les aymaras texte proposé par
Aymara Falcon, ajouté le 5 janvier 2006 |